Constat et retour des ateliers :

La lutte contre le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité est apparu comme un enjeu majeur.

La ville de Guyancourt et plus largement l’Île de France est fragile car faiblement résiliente dans sa production énergétique et alimentaire. La part de nourriture locale dans la consommation des Guyancourtois est infime mais des initiatives locales (AMAP, épicerie participative, magasin bio…) montrent que des filières se mettent en place et qu’une nouvelle organisation régionale et municipale est possible. D’autre part, des initiatives municipales dans d’autres villes françaises, de toutes tailles, montrent que des actions concrètes et réalisables sont possibles (création de cantines bio etc…).

Pour une totale autonomie alimentaire, il faudrait aux Guyancourtois une superficie de 80% de Paris (https://http://parcel-app.org/ – hypothèses prises : diminution de 50% de la consommation de protéines animales).

La recherche d’une autarcie de Guyancourt n’est pas envisageable ni souhaitable. Toutefois, travailler sur une augmentation de son autonomie et sur sa résilience est désormais indispensable.

Vision à long terme :

Face à ce constat, nous sommes conscients que l’autonomie alimentaire n’est pas réalisable. Toutefois, l’urgence climatique et sociale impose à Guyancourt de travailler sur la relocalisation de son alimentation.

Ceci aura de multiples bénéfices :

  • Environnement
    • Par des pratiques agroécologiques, permaculturelles, la biodiversité sera préservée. Des corridors écologiques continus sur la ville pour être mis en place.
    • Réduction de l’impact carbone. D’abord parce que l’agriculture biologique nécessite moins d’intrants. Ainsi, l’impact carbone de la production est réduit. D’autre part, parce qu’un développant des filières d’achats en local et en circuit-court, le transport est également réduit.
    • Réduction des déchets car les produits achetés en circuits-court nécessitent moins d’emballage. Possibilité de monter un système de consigne en local pour les produits transformés (bocaux etc…)
  • Social et économie
    • Relocalisation d’emplois peu qualifiés, en lien direct avec le sol et en faveur de l’autonomie des individus pour une activité plus humaine. En effet, un exploitant agricole est son propre chef. Des dispositifs permettant de mutualiser les charges administratives (comptabilité etc..) pourront être mises en place (Voir Film “On a 20 ans pour changer le monde” d’Hélène Médigue et le projet de Ferme d’Avenir sur l’ancienne base aérienne de Bretigny sur Orge à la Ferme de l’Envol). De l’insertion professionnelle pourra également être réalisée à l’image de la conserverie coopérative de Marcoussis (sui fête ses 20 ans cette année !.
    • La mise en place d’arbre fruitiers dans la ville ainsi que le développement d’une agriculture urbaine par les habitants leur permettra d’accéder à une alimentation locale gratuitement
  • Santé :
    • Amélioration de la santé publique par la réduction de la pollution et par une alimentation plus saine et de meilleure qualité.
    • Installation de producteurs de plantes médicinales permettra de relocaliser le soin des maladies quotidiennes des habitants.
  • Éducation et solidarités :
    • Recréer du lien social entre les producteurs et les habitants
    • Recréer du lien social entre les habitants par la mise en place des circuits courts et par la mise en place de lieux de vies partagés de plein air
    • Lien intergénérationnel par la transmission de savoirs
    • Pédagogie de plein air pour les élèves, apprentissage de la cuisine et découverte de la nature et des métiers liés à l’alimentation

Étapes et propositions sur le moyen terme (prochaine(s) mandature(s)) :

  • Vers des cantines 100% bio et locales :

Il sera nécessaire d’augmenter la part de bio et de local dans les cantines scolaires avec pour objectif sur le long terme de passer à une alimentation 100% saine et locale sans augmenter le prix du repas. Ceci peut être réalisé en luttant contre le gaspillage alimentaire, en réduisant la part carnée des menus végétariens et en municipalisant tout ou partie de la chaine de production des aliments. Plusieurs villes nous servent d’exemple : Langouët, Mouans-Sartoux, Sucy-en-Brie, Saint-Etienne…

Ceci avec de multiples objectifs : protéger la santé de nos enfants, réaliser de la pédagogie autour de l’alimentation, lutte contre le réchauffement climatique, relocaliser des emplois. La mise en place de cette proposition fera l’objet d’un Groupe Action Projet dédié afin de définir les différentes étapes et les décisions associés (définition du « local » pour chaque produit, passage en régie, changement mode de culture terrains de la minière (maraichage etc…)

En particulier, des dispositifs mis en place dans certaines villes pourront être étudiés :

Création d’une cuisine centrale et d’une légumerie : L’objectif est de créer des emplois tout en assurant un débouché aux produits de nos producteurs locaux. Le personnel transforme les produits afin d’alimenter les cantines scolaires. Ceci permet de mieux maîtriser le prix, l’origine et le mode de production des denrées.

Un point d’attention est à porter aux vacances scolaires, notamment les vacances estivales. En effet, à cette période, les maraîchers municipaux ne pourront écouler leurs légumes frais dans les cantines. Une idée à étudier pourrait être la création d’une conserverie telle que la conserverie coopérative de Marcoussis. Ainsi, les légumes seraient mis en conserve pour pouvoir être réutilisés au cours de l’année. Cette structure est d’autant plus intéressante qu’elle a une vocation sociale de par ses objectifs d’insertion professionnelle.

Une autre option ou une extension aux cantines scolaires serait la création d’un service de restauration municipale ouvert à tous avec tarif social.

Mis en place à Langouët, Mouans-Sartoux, Sucy-en-Brie, Saint-Etienne, …

  • Sanctuariser les dernières terres agricoles de Guyancourt et réhabilitation dès que possible des friches pour développer l’agriculture urbaine
  • Discussion avec agriculteurs de la ville

L’objectif serait de réduire leur usage des pesticides, avec l’objectif d’un passage en bio. Il pourrait également être question de planter des haies pour développer les corridors écologiques et éviter l’érosions des sols. Enfin, une réflexion pour diversifier l’agruiculture Guyancourtoise devra être menée. En effet, pour une plus grande autonomie des habitants, il sera souhaitable d’équilibrer la part de maraîchage, production de plantes médicinales etc…. D’autre part, ces types d’agricultures génèrent plus d’emplois sur une même surface agricole.

  • Soutien à l’installation de producteurs bio

La mairie de Magny-les-Hameaux a permis d’installer 2 maraîchers et un berger sur les terres de la mairie et de développer de nouvelles activités telles qu’un atelier de filage et de transformation de la laine. La mairie a mis à disposition ses terres et a cofinancé l’accès à l’eau et la construction d’un hangar dédié aux activités de production agricole et de transformation.

  • Développement de filières d’achat de produits locaux et/ou en circuit court

La municipalité soutiendra les circuits courts existants, qu’ils soient associatifs (AMAP, épicerie participative…), ou professionnels (installations de producteurs en vente direct au marché, dialogue et mise en avant des commerçants commercialisant ou souhaitant commercialiser des produits locaux etc…)

  • Développement de l’agriculture urbaine pour les habitants

En encourageant les projets de jardins partagés et les systèmes d’échanges de graines. Un permis de végétaliser sera développé comme à Paris. Ce dernier permettra aux habitants qui le souhaitent de se réapproprier et de jardiner dans l’espace public. Il sera nécessaire de travailler de concert avec les associations locales et les habitants pour se réapproprier l’espace public (groupe d’action projet). D’autre dispositifs pourront être mis en place (ruchers) ou étendus (composteurs collectifs). La plantation d’arbre fruitier en libre accès dans la ville permettra d’abord d’apporter de l’ombre l’été, de fournir des aliments gratuits aux habitants mais également de servir de support pédagogique.

  • Pédagogie populaire autour d’une l’alimentation saine et durable :

Toutes ces mesures permettront de développer une pédagogie populaire. Des ateliers permettront d’apprendre à cuisiner, de transmettre des savoirs faire (fabrication de miel, transformation des fruits etc…) et de sensibiliser à l’environnement (zéro-déchets, reconnaissance végétale…). Ces ateliers seront à destination des plus jeunes mais également des adultes. Ainsi, une solidarité intergénérationnelle pourra être développée par l’agriculture et le nouveau lien à la terre retrouvé. La transmission des savoirs sera notamment mis en place par les associations volontaires et sera un vecteur de l’autonomie des habitants et d’un nouveau lien social. Mettre en relation les associations culturelles, sociales et environnementales sera primordial pour apporter une dimension sociale à ce travail sur l’alimentation.

En particulier, pour les enfants, des jardins pourront être installés dans les écoles. Les enfants pourront participer à la préparation des repas, jardiner et valoriser leur production

Bibliographie :

Cantines bio :

  • https://mrmondialisation.org/a-mouans-sartoux-les-cantines-sont-100-bio/
  • https://www.colibris-lemouvement.org/passer-a-laction/creer-son-projet/convertir-une-cantine-a-lalimentation-biologique
  • https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-les-cantines-scolaires-de-mouans-sartoux-ces-enfants-modeles-de-la-cuisine-bio_3630185.html

Les 23 propositions d’AMAP IdF en vue des municipales

Permis de végétaliser :

Site de la ville de Paris : https://www.paris.fr/pages/un-permis-pour-vegetaliser-paris-2689

Divers :

  • Le guide de l’ADEME pour les municipales : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/demain-mon-territoire-complet_010970.pdf
  • Biorégion 2050 – l’Île-de-France après l’effondrement, Momentum Institut, 2019
  • Estimation de la surface nécessaire à alimenter X habitants : https://http://parcel-app.org/
  • Film “On a 20 ans pour changer le monde” d’Hélène Médigue


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