Décidons Ensemble à Guyancourt a organisé le samedi 1er février un atelier participatif ouvert aux habitant.e.s de Guyancourt sur le thème du nouveau quartier prévu sur la friche Thalès. Parce que participer c’est bien plus que de choisir le nom du quartier !

Près d’une trentaine d’habitants ont réfléchi ensemble pendant 2 heures à ce projet d’urbanisme dimensionnant pour l’avenir de Guyancourt. Et le résultat est bien différent du projet déjà dans les cartons du cabinet d’architecte urbaniste Marniquet Aubouin retenu pour ce projet.

Quelques mots sur les règles suivies pendant cet atelier avant de passer aux conclusions. Tout d’abord nous nous sommes placés dans les conditions légales qui obligent la ville de Guyancourt à construire au moins 100 nouveaux logements par an jusqu’en 2026. Ensuite les projets proposés devaient s’inscrire dans le programme de Décidons Ensemble à Guyancourt, en particulier dans notre volonté de relocaliser l’alimentation, d’allier urbanisme, biodiversité et transition écologique, de développer les mobilités douces, d’aller vers des logements à haute efficacité énergétique et aussi des logements répondant aux besoins de diversité de ses habitants. Toutes ces actions ayant finalement pour but ultime de répondre à l’urgence climatique !

Mais il s’agit aussi de prendre en compte et donc de se préparer à faire face aux différents scenarii de réchauffement urbain annoncés : il est primordial d’éviter les îlots de chaleur urbains alors ce nouveau quartier devra accueillir des « îlots de fraîcheur » végétalisés. 

Commençons par la densité : le projet actuel prévoit une densité de près de 100 habitants par hectare (Ha) alors que les quartiers actuels de Guyancourt ont une densité moyenne entre 50 et 60 habitants par Ha. Pas loin du double : pour bien se rendre compte de ces chiffres, cela représenterait près de 6.000 habitants de plus dans notre ville qui en compte moins de 29.000 aujourd’hui.

Un nouveau quartier très dense

Pour libérer des surfaces et permettre d’avoir autre chose que du béton dans ce quartier, il suffit simplement d’aligner sa densité sur les densités actuelles de la ville et de choisir un type de logement suffisamment dense comme celui-ci-dessous (c’est le type de logement qu’on trouve dans les parties nouvelles du quartier de Villaroy).

Habitat intermédiaire

Ce type d’habitat offre une densité autour de 350 habitants / Ha (à raison de 130 logements / Ha). Sur la parcelle Thalès d’une trentaine d’hectares, il suffit d’en consacrer cinq aux habitations pour arriver à une densité équivalent à celle des autres quartiers.

Les hectares ainsi libérés permettent de répondre au premier axe de notre programme, la relocalisation de l’alimentation, grâce à l’installation de maraichers (avec ou sans serre), de vergers et de jardins potagers partagés. On peut aussi imaginer l’installation d’une micro ferme urbaine avec un poulailler alimenté par les déchets organiques des habitants et des moutons dans les espaces verts. Autour de cette agriculture urbaine peut se construire un projet éducatif global avec les écoles de ce nouveau quartier et aussi des autres quartiers à proximité comme Villaroy et Europe. Au sud de la parcelle, la zone des bassins de rétention d’eau sera transformée en parc.

L’agriculture s’installe en ville

Les nouveaux bâtiments seront neutres en termes de consommation énergétique grâce à l’isolation et l’utilisation d’énergies renouvelables (panneau solaire thermique ou électrique, géothermie, éolienne urbaine). Ils seront aussi préférentiellement construits en bois.

Ces nouveaux logements seraient l’occasion d’expérimenter des modes de gestion innovants : logements partagés, coopératifs, auto-construction… notamment pour les logements sociaux du quartier.

L’orientation générale concernant la mobilité est de promouvoir les mobilités douces tant piétons que vélo ou trottinette, avec des connexions améliorées avec les autres quartiers de la ville ou des villes alentours. L’usage de la voiture dans le quartier serait limité, jusqu’à aller, pourquoi pas, vers un quartier sans voiture avec des parkings placés en périphérie. Une voie mixte piétonne et vélo pourrait par exemple faire le tour du quartier. L’accès au réseau de bus est bien sûr à considérer.

Un autre pan majeur du projet est la réutilisation des bâtiments industriels existant sur la friche. Si cela permet de réduire la production de déchets, cela ouvre aussi de nombreuses opportunités pour des espaces partagés et conviviaux manquant dans la ville. Plusieurs thématiques se dégagent des propositions :

  • Un marché couvert, des commerces locaux et des artisans.
  • Un espace de co-working, une pépinière d’entreprise et un Fab Lab.
  • Une résidence intergénérationnelle.
  • Une maison de santé, maison de quartier ou maison des associations.
  • Des espaces culturels (médiathèque, théâtre, etc.).
  • Des espaces conviviaux : place publique, restaurant, bar avec terrasse ouvert sur les jardins.
  • Une ressourcerie et une grainothèque.
  • Une conserverie et une cuisine collective pour les cantines de la ville en lien avec les maraichers installés dans le quartier.

Enfin, l’installation des écoles du quartier pourrait y être envisagée, tout comme des logements au 1er étage de ces bâtiments.

Laisser la créativité des habitants s’exprimer…

Cet exercice de démocratie participative n’avait pas pour ambition de proposer en 2h un projet complet adressant tous les aspects d’un urbanisme durable. Il avait pour but de montrer que, nous, les habitants, pouvons faire des propositions réalistes répondant à la fois au besoin de nouveaux logements et à l’urgence écologique, le tout dans un cadre de vie préservé !

Si nous étions élus, un groupe d’action Projet dédié, composé d’habitants, de représentant des services techniques de la ville, d’urbanistes, d’architectes et d’élus serait mis en place pour réfléchir et construire dans le détail un contre-projet fondé sur nos valeurs et notre vision de notre ville à l’horizon 2030.


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